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Kaporo Rails : Quand un vieux profane en Droit rappelle la prescription trentenaire aux autorités

Mamadou Billo Diallo, 67 ans et père de 7 enfants, victimes de Kaporo Rails. Photo (c) Lumiereguinee

Mode d’acquisition des terres à Kaporo Rails, autorisation du conseil de quartier, conséquence juridique y afférente. Mamadou Billo Diallo, 67 ans et père de 7 enfants s’est installé à Kaporo Rails en 1982. On l’a trouvé avec sa famille en train de vider sa maison. Il nous en dit plus.

 « A l’époque, au temps de Sékou Touré, c’était rare de voir quelqu’un qui vend un terrain. Les terrains se transmettaient en ce moment par donation. Ce sont les Bagas qui ont offert nos terres à nos parents qui à leur tour nous les ont transférées.

Dans la donation, on écrivait le nom de l’acheteur, le nom du vendeur, la position du terrain, les voisins de l’acheteur et le chef de la localité. Et un exemplaire de la copie restait conservé dans le cahier du quartier.

Il n’y avait pas de mosquée en ce moment. C’est ainsi que chaque propriétaire contribuait, au moment de la construction de sa maison, deux sacs de ciments pour bâtir une mosquée. Et c’est de cette manière que plusieurs se sont installés à Kaporo-Rails ».

En 1998, lors du premier déguerpissement, cette partie abritant sa maison n’avait pas été marquée « zone réservée », à l’en croire. Il y vit avec sa famille plus d’une trentaine d’années. « Nous avons des enfants de 40 ans qui sont nés ici (à Kaporo-Rails, NDLR) et nous avons des petits-fils. Nous payons les factures d’eau et d’électricité et nous avons des lampadaires à l’intérieur du quartier. Donc ils (les autorités, NDLR) ne peuvent pas nous dire qu’ils ne savaient pas que nous étions là», poursuit-il.

Et c’est après que la zone soit surpeuplée  et remplie de maisons que le gouvernement veut démolir les constructions. Le vieux rappelle alors les lois guinéennes : «Mais les gouvernants nous demandent de quitter brusquement parce qu’ils ont la force et les armes, sans nous prévenir. On a juste vu des gens venus marquer nos maisons. Après, c’est un bulldozer qui vient pour démolir nos maisons. Mais nos lois disent quand une personne occupe un lieu pendant 30 ans, il devient propriétaire », rappelle-t-il alors la prescription trentenaire à l’Etat .

 

 

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