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Le Podha : Origine et sens nouveau

L’artiste Adoulaye Keita / « Lan diari Show » / Photo (c) Mamadou Thug

Le podha, musique rythmique du Fouta (Moyenne-Guinée) connait une popularité grandissante.

Le podha est inspiré du « hirdé », veillée au clair de lune lors des « bals-poussières » (soirées dansantes dans un enclos de haie à ciel ouvert) dans le Foutah Traditionnel. A l’origine, le podha désigne l’accordéon, un instrument nouveau (après 1945), venu accompagner les instruments traditionnels lors des « bals-poussières », pour donner plus de mélodie à l’animation. C’est cet instrument nouveau qui est l’éponyme du podha, en tant que rythme musical peulh.

Aujourd’hui, le podha a pris de la place  dans le milieu culturel guinéen avec un sens nouveau : le hirdé du podha renferme de nos jours tous les genres musicaux et toutes les danses de la culture foutanienne.

Depuis 2010 des centres de loisirs consacrés au podha prolifèrent à Conakry et ses environs : chez Aldo à Lambangny, le Shérif derrière l’ambassade des Etats-Unis, le Grand Moulin à Kagbelen, etc. Les spectacles se déroulent du lundi au dimanche.  Chaque jour est dédié à un artiste. Et chaque artiste attire ses fan(e)s voire sa génération de mélomanes. Très prisé, le podha est perçu comme un facteur rapprochant les jeunes de la culture du Fouta. Mariam Bah est très passionnée du podha : «le hirdé me rappelle mon enfance villageoise, dans les hameaux ».

Au cours du spectacle, l’artiste adresse des éloges à certain(e)s fan(es) qui lui donnent volontairement en retour de l’argent, manière de participer à l’émancipation de l’artiste et de l’encourager dans la promotion de la culture guinéenne en général. Le summum du hirdé ou le « concert minuit », est le moment à partir duquel l’artiste commence à livrer ses chansons émouvantes, dans un air très dansant et très mélodieux.

Les spectateurs et spectatrices vivent le live en compagnie de la chicha et/ou des boissons alcoolisées et non que l’on aperçoit sur leurs tables.

A rappeler que le podha en tant qu’instrument de musique n’est plus utilisé par les artistes lors des spectacles. « Le seul qui l’utilise actuellement est petit Oury Keita de Dalaba, un artiste qui n’a pas encore un album sur le marché », a constaté Mamadou Thug, pseudonyme de Mohamed Lamine Diallo, operateur culturel et humoriste de Guinée. Toutefois, le hirdé est en pleine ébullition dans la capitale Conkary et alentours. Nombreux sont ceux qui le préfèrent qu’aux boites de nuit.

 

Boubacar Barry pour le podcastjournal.net

655 759 688

 

 

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