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Violences à Conakry : Déclaration de la société civile

  

Déclaration N°002 de la Société Civile Guinéenne

La société civile Guinéenne, en cette phase inquiétante de l’évolution de la situation sociopolitique de notre pays, exprime ses vives préoccupations face à l’escalade de violences qui prévaut à Conakry ; en signe de protestation contre les résultats des élections communales du 04 février 2018.

Il est à noter, que malgré le retard accusé et le temps de préparation de ces élections locales, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’a pas pu empêcher les manquements et les irrégularités constatés avant, pendant et après le scrutin.

Depuis quelques semaines, Conakry vit dans la peur, l’insécurité et la violence. Des morts d’Hommes, des blessées et des destructions des biens privés et publics sont constatées à travers la capitale. Ces actes inadmissibles qui portent atteinte à la stabilité du pays, à l’intégrité physique et morale des paisibles citoyens constituent des graves violations des droits humains et mettent en péril la cohésion sociale.

Concernant les récentes manifestations, nous avons constaté ce qui suit :

  • Quatre (04) civiles tués ;
  • Des agents de forces de sécurité blessés ;
  • L’utilisation d’armes de guerre et des tirs à bout portant par les forces de sécurité ;
  • Des manifestants avec des fusils de chasse et des armes blanches (gourdins, couteaux, machettes, etc.) ;
  • L’hostilité notoire entre forces de maintien d’ordre et manifestants ;

Face à ce bilan terrorisant, la société civile Guinéenne présente ses sincères condoléances aux familles des victimes et à toute la nation Guinéenne et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

A l’origine de cette autre crise politique, il convient de relever ce qui suit :

  • Les incohérences et les insuffisances de l’actuel code électoral révisé ;
  • La Prééminence des arrangements politiques sur l’application des textes de lois en vigueur ;
  • L’influence de l’exécutif sur la justice et les Institutions républicaines ;
  • La déresponsabilisation et la banalisation de la violence ;
  • La forte immixtion des administrateurs, des députés et des responsables politiques dans le déroulement du scrutin ;
  • L’attitude partisane et irresponsable de certains membres des CACV, …

Afin de jouer pleinement son rôle et assumer sa responsabilité, la société civile Guinéenne a entrepris depuis les premières heures des crises, des démarches qui l’ont conduit à rencontrer le Président de la République, le chef de file de l’opposition, la mouvance présidentielle et le Président de la CENI en vue de prévenir les violences et aider à la reprise du dialogue.

Il ressort de ces rencontres que l’opposition politique reconnaissant l’absence de solution juridique, maintien cependant sa volonté de poursuivre ses manifestations tant qu’une solution politique ne soit trouvée à ses revendications, ce, malgré nos multiples interventions.

Quant à la mouvance Présidentielle, elle demande le maintien des résultats définitifs, rejette les dénonciations de fraudes et affiche une volonté d’opposition à toute manifestation de rue liée aux contentieux électoraux.

La société civile guinéenne soucieuse du respect des dispositions légales, reconnait cependant que les manquements constatés dans la gestion des procès-verbaux de vote par les CACV rendrait difficile la mise en place de certains conseils de quartiers et de districts, conformément aux dispositions de l’article 99 du code électoral révisé.

En conséquence, elle réaffirme la nécessité de préserver la quiétude sociale et   exhorte les différents acteurs au dialogue.

Elle dénonce avec la dernière énergie la manipulation des informations par les acteurs, le manque de justice et rappelle que malgré le nombre de civiles et gendarmes tués et blessés, des biens privés et publics détruits, aucune enquête ni justice n’a été rendue.

Face à cette situation de plus en plus inquiétante et en attendant la fin des démarches, la société civile recommande :

  • L’arrêt immédiat des manifestations, des contre manifestations et des répressions pour permettre à la société civile de poursuivre les consultations en vue d’apporter des solutions pour la sortie de crises ;
  • La mise en place dans l’immédiat par la Société civile d’un Comité d’experts issu des organisations de la société civile et d’autres personnes ressources indépendantes pour écouter, examiner et trouver des pistes de solutions aux manquements ;
  • La mise en place d’un « observatoire national sur les violences et le dialogue en Guinée » qui sera composé d’experts en médecine, droits de l’Homme, analyse des conflits, sociologie… En outre, l’observatoire aura pour rôle de veiller sur l’organisation et la sécurisation des marches et manifestations pour prévenir les violences et le suivi de la mise en œuvre des engagements issus des négociations politiques et sociales afin d’éviter les crises en répétition ;
  • La restauration de l’autorité de l’Etat et la crédibilisation de l’action publique ;

Pour terminer, la société civile Guinéenne invite l’ensemble des parties prenantes à faire preuve de responsabilité et de patriotisme dans la gestion de ces crises pour la sauvegarde de la paix et de la quiétude sociale.

Fait à Conakry, le 17 Mars 2018

Ont signé :

CNOSCG – CONASOC – CANEG –CELLULE BALAI CITOYEN – AGIL – CONAG/DCF – FEMJEUGUI – OGDH-FRONT CITOYEN- LEJEPAD- MAISON DES ASSOCIATIONS- AGIDEV- DESTIN EN MAIN – MJP2020- PJUFM – COJEDEV – PJLSCG – COJELPAID – FEMJEUGUIP- JEUNESSE CEDEAO- PEG – CEEGUI – OCDR – FENAG – FONAJESCG- RAJGUI – AIDEGUINEE – REGA-PAMOJA – SIFOG – SPPG – ADD – ALER-GUINEE – AFEPGUI – AJR – QUI VEUT PEUT – PCQVP – CAFIDHE – CPDH- TINKISSO- AGT- APG- OCP- ABG- AHJ- CEUP- ADECOGUI.

 

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