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Violences en Guinée : le peuple a fait une démonstration de force, ce lundi!

Une journée de violentes agitations s’est écoulée ce lundi à Conakry. Un peuple excédé s’est exprimé contre son gouvernement. Des violences ont éclaté partout dans la capitale. Le peuple vient de démontrer qu’il en a assez et qu’il n’en veut plus. Du centre ville administrative et des affaires de Kaloum jusqu’à la Cimenterie sur l’axe le prince, ainsi sur l’autoroute Fidel Castro et sur la corniche Sud entre Taouyah et Kipé, le peuple s’est spontanément déployé sur les routes et ruelles pour montrer son ras-le-bol et s’affronte avec les forces de l’ordre. Des barricades érigés et pneus brulés ça et là dans la capitale Conakry.

Tous les quartiers de la commune de Kaloum, siège de l’administration et des affaires ont manifesté ce lundi en érigeant des barricades, brulant des pneus, tenant des propos injurieux à l’endroit du président Alpha Condé et en improvisant des marches en face du palais présidentiel Sekhoutoureya.

Kipé et Taouyah, deux quartiers résidentiels et hôteliers, non habitués des manifestations ont enregistré des violences depuis très tôt le matin à Taouyah jusqu’à vers 17 heures à Kipé sur le tronçon Kipé-Bambéto où la route a été coupée par les manifestants.

Si la cause immédiate est la fermeture prolongée des écoles. La réalité est que ce peuple se sent marginalisé, trahi, abandonné, laissé dans le chômage et dans la famine par une bande de tyrans au Pouvoir qui s’arroge de privilèges disproportionnés. Les détournements des deniers publics, la corruption, la gabegie financière, l’accès difficile aux emplois publics, entre autres, voilà le mal du pays. On se souvient les vents violents de janvier-février 2007, ont aussi débuté par une revendication syndicale mal gérée qui s’est transformée en une insurrection populaire qui a étouffé le régime du général Lanasana Conté à l’époque. On peut dire sans le risque de se tromper que le syndrome de 2007 frappe et défoncerait la porte.

Une crise syndicale mal gérée par l’Etat :

Le fait de sous-estimer celui qui a mené l’essentiel des enseignants à cette grève, voici ce qui a exacerbé et raffermit la position des enseignants qui ont fait face à l’arrogance et l’égoïsme du gouvernement qui a nié au début au meneur Aboubcar Soumah sa légalité à appeler une grève. Un gouvernement habitué a toujours rouler le monde dans la farine n’a pas réussi cette fois à promettre par la suite au syndicat un payement échelonné de sa principale revendication. Pire, suite au refus par le syndicat des enseignants le samedi de la proposition faite par le gouvernement le vendredi, le RPG-arc-en-ciel, parti au Pouvoir, a convoqué une réunion extraordinaire à son siège. Dommage quand les responsables du parti, affirmant que la grève est manipulée par les politiciens et la Société civile, demandent au président de la république de se retirer et de les laisser les jeunes du parti résoudre cette crise politique. Ce qui a mis le feu au poudre surtout quand des donzos (chasseurs traditionnels, utilisés comme milice protectrice du régime d’Alpha Condé) sont aperçus dans les quartiers au coté des forces de l’ordre en train de pourchasser et arrêter des manifestants. Des témoins, dans la commune de Matoto, témoignent que ce sont ces donzos qui ont attaqué à Matoto la radio espace fm en cassant les véhicules du personnel et les vitres de l’immeuble. Le groupe Evasion a également subi une attaque au carrefour Constantin non loin de la casse, fief du parti au Pouvoir . Un de ses vehicules de reportage a été incendié par des contremanifestants pro régime qui ont accusé les journalistes d’envenimer la crise en racontant du n’importe quoi. Ces donzos sont vus à Matoto, Tanerie, Sonfonia, Yimbaya où ils ont été bastonnés et humiliés. Jusqu’à tard dans la soirée vers 18 heures, sur l’autoroute Fidel Castro, il était très difficile d’arriver à l’aéroport international de Conakry-Gbessia. Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre éclataient de tous les cotés et de tous les sens.

Cette grogne sociale fait route avec la ville morte à la demande de l’opposition républicaine qui exige la vérité des urnes; la publication des vrais résultats des communales de février. Alors que d’autres manifestations de l’opposition et de la société civile sont projetées les jours qui suivent, le pays pourrait sombrer dans le vent d’une insurrection populaire si rien n’est fait par le Gouvernement.

 

 

 

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