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Guinée : Quand la revendication sociale fait route avec la frustration politique

       Encore deux jeunes tués à Conakry, lors des manifestations !

Suite à l’appel de grève, ce lundi, lancé par le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), à sa tête Aboubacar Soumah, sur toute l’étendue du territoire, Conakry vire au gris.

De violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants sont enregistrés dans plusieurs quartiers de la capitale. Pneus brulés, ordures déversés sur la chaussée, l’asphalte fumant. L’expression de la colère générale d’une foule revendiquant le retour des enseignants en classe d’où se mêle la frustration politique.

Des familles pleurent encore leurs fils ou proches. Deux morts au compte de cette journée de contestation sociale. La Commune de Ratoma réputée très hostile au régime, subira. La première victime, reçoit une balle à l’abdomen à hamdallaye, la seconde, un taxi-motard qui ne faisait que son travail de transport de ses clients, injustement percuté par un véhicule de la police, à Kakimbo.

Des dirigeants malfaisants et âpres au gain

Au sommet de l’Etat, ministres et parlementaires s’arrogent de privilèges exorbitants lorsque le bas peuple est décimé. Des parlementaires ont voté sans vergogne et sans scrupule le salaire minimum à 440 000 fg et le départ à la retraite aussi à moins de 500 000 fg après des dizaines d’années de services. Voilà comment les députés sont représentants du peuple en Guinée en leur votant la misère. « La souffrance qui existe en Guinéen, n’existe nulle part sur le continent », selon une touristique suisse qui a fait plusieurs pays de l’Afrique, et pour la comprendre (cette souffrance), il faut la vivre en séjournant à la terre où la majorité relève du lumpenprolétariat : salaires de misère, chômeurs, et tout. La situation économique s’aggrave au jour le jour.

Un Etat qui étouffe les mouvements hostiles :

 »Ils(les gouvernants ndlr) sont conscients de la situation délétère de leurs gouvernés mais reste insensibles », par ces termes, se lamentent un vieil homme ému par la mort des deux jeunes ce lundi. La manipulation des consciences collectives, est l’arme de l’élite guinéenne. A chaque mouvement noble pour réclamer le bonheur, une étiquette est colée aux meneurs afin de les discréditer. Les volontés des personnes s’échangent contre des sacs de riz et des billets de banque, parce qu’ils pauvres et préoccupés du comment survire.

Aboubacar Soumah, un syndicaliste qui a du cœur :

Pour avoir demandé l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des travailleurs, le sommet de l’état a dressé son portrait de façon horrible afin de détourner l’attention des enseignants et des guinéens sur lui. Qualifié par tous les noms d’oiseaux possibles, exclu par une fraction du SLECG à la solde de l’Etat, son salaire bloqué du coté du ministère des finances, menacé de mort par le sommet de l’Etat et des personnes anonymes, et j’en passe, Senghor n’avait-il pas raison quand il disait que « l’acteur ne vit pas, mais il fait vivre une multitude d’hommes ». Aboubacar Soumah reste inflexible aux différentes menaces même au péril de sa vie. Le Gouvernement a violé ses promesses, gage de suspension de la dernière grève, et Soumah invite ses fidèles au boycott des classes. De crainte comme par le passé, plusieurs parents d’élèves ont préféré confiné leurs enfants à la maison, en attendant de voir l’itinéraire que suivra le mouvement de ce lundi. Alors s’en sont suivis : morts d’hommes, paralysie du trafic, blessés graves,… pourtant la grève est annoncée ‘’illimitée’’. Que doit faire le Pouvoir ? Arrêter Soumah ou le réhabiliter et négocier ?

pire, son appel à la grève intervient alors que la Guinée connait le comble des passions politiques. Après les élections du 04 février dernier, l’opposition crie à la fraude et menace de faire débarquer ses militants dans les rues en cas de publication par la CENI de résultats définitifs truqués. Des affrontements entre militants du parti au Pouvoir et militants de l’opposition ont déjà fait le désastre à Conakry qu’à l’intérieur.

 

Boubacar Barry / 628 830 686

 

 

 

 

 

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