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« C’est un des deals que j’aie eu avec Papa Koly Kourouma… » Ahmed Kourouma

Le nouveau vice-président de GRUP (Génération pour la Réconciliation, l’Unité et la Prospérité), l’homme politique d’un nouveau genre, Ahmed Kourouma, ancien secrétaire général de l’UPG (Union pour le progrès de Guinée), au micro de la rédaction de lumiereguinee.com, s’attaque au mal du pays, s’engage à mener la guerre économique et propose enfin son programme au parfum de new deal.

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Ahmed Kourouma
Ahmed Kourouma

Lumiereguinee.com : Bonjour M. Kourouma !

Ahmed Kourouma : Bonjour comment allez-vous ?

Lumiereguinee.com : Hier vous étiez à l’UPG (Union pour le progrès de Guinée), aujourd’hui avec le parti GRUP (Génération pour la Réconciliation, l’Unité et la Prospérité), Dites-nous dans quelles conditions vous avez quitté l’UPG ?

Ahmed Kourouma : D’abord j’ai quitté le parti pour des raisons que j’ai expliqué mainte fois. C’est qu’il y’avait une espèce de conservatisme de la part des vieux politiques, parait-il qui étaient là, qui ne voulaient pas des gens comme moi changent les choses à l’intérieur du parti. Parce que l’un de mes combats, c’est le renouvellement de la classe politique guinéenne. Donc ce faisant, j’ai décidé après mûres réflexions de devenir un simple militant du parti. Et puis pendant trois mois, Papa Koly m’a appelé, on a négocié certaines choses et il m’a convaincu par le patriotisme qui est le sien et qui est le mien aussi, l’amour du pays que nous avons et l’envie de changer les choses, de venir au parti dont il m’a proposé d’être le vice-président, chose que j’ai accepté avec plaisir.

Lumiereguinee.com : D’un parti centriste, vous basculez dans le camp de la contestation, décrivez-nous en peu de mots votre milieu politique actuel ?

Ahmed Kourouma : Ne commettez pas l’erreur de penser que le centrisme n’est pas au cœur de la contestation ; le centrisme est au cœur de la contestation dans tous les pays du monde .Alors je suis passé d’un parti centriste plutôt d’une école politique, c’était à l’école de Jean Marie Doré pour atterrir dans la même école parce que les hommes qui dirigent que ce soit le parti GRUP ou le parti centriste dont vous parlez restent la même famille politique. Oui c’est un parti contestataire mais nous sommes une contestation intelligente. J’ai toujours dis que je n’avais rien contre les hommes, en occurrence on parle d’Alpha Condé, je n’ai rien contre Alpha Condé, j’ai quelle que chose contre le système dont il a hérité et qu’il n’a pas su pallier .C’est ce qui mérite pour mon pays. Donc voilà mon parcours somme toute logique eu égard à mes convictions.

Lumiereguinee.com : Parlant du code électoral qui vient d’être amendé et qui n’attend que la promulgation, quelle lecture faites-vous de ce nouveau document électoral ?

Ahmed Kourouma : D’abord avant qu’il passe il y’a un recours auprès de la cour constitutionnelle il me semble. La cour constitutionnelle qui est la plus haute instance juridique de notre pays donne son avis ou son accord .Et en tant que politique, moi je suis soucieux du garant des libertés de nos concitoyens et l’une des libertés fondamentales, c’est la participation effective du peuple ou des citoyens à une élection ; c’est ce qu’on appelle les élections de proximité, et ça s’appelle la démocratie participative. Je refuse que dans mon pays les deux grands partis s’arrogent le droit de nous imposer que soit des chefs de commune ou des chefs de quartier . Il en va de la survie de notre démocratie .Alors on se plaint sans cesse que nos concitoyens ne croient plus en la parole politique et on les bride de plus en plus en décidant à leur place de savoir qui va remonter leurs doléances aux grands chefs de là-haut.

Nous sommes une société dans laquelle, il y’a une représentativité sociale et ça c’est le rôle des chefs de quartiers de prendre les doléances du peuple, de les faire remonter au maire qui le fait remonter aux préfets et qui le fait remonter aux ministres ou au grand patron, c’est-à-dire au président de la République. Si on enlève ce rapport là, ce corps électoral là , ce rapport électoral du peuple à l’élite, on coupe le corps social et ce n’est pas une bonne chose .Vous voyez, j’appartiens à un camp qui voté cette loi mais je suis contre cette loi et ça c’est ma liberté de ton et de dire qui est important .C’est aussi un des deal ou un des accords que j’aie eu avec Papa Koly qui est de garder ma liberté de ton ; quand je ne suis pas d’accord, je le dis .Il faut que dans les partis politiques aujourd’hui en Guinée, qu’on apprenne à voir ce qu’on appelle des courants politiques. On peut avoir des courants, des différends au sein d’un parti politique mais ce qui est important, c’est la nation pour laquelle on se bat et quand t-il s’agit de l’intérêt national nous devons en tant que responsables politiques nous retrouver pour l’intérêt supérieur de la nation. Ce qui n’empêche pas d’avoir des différends au sein d’un parti, des courants différents qui expriment des opinions divergentes et il faut qu’on comprenne que c’est une bonne chose pour la démocratie. Comme je le dis souvent nous ne serons forts que de nos différences.

Lumiereguinee.com : Vous qui êtes omniprésent sur les réseaux sociaux où vous poster presque quotidiennement de belles plumes d’analyses, comment voyez-vous l’avenir de la Guinée en 2020, en tant qu’analyste politique ?

Ahmed Kourouma : L’avenir de la Guinée en 2020, je l’ai toujours dit, je veux du renouvellement. Il faut des hommes et des femmes dans ce pays qui redonnent du sens à la parole politique et surtout le plus important qui s’attaquent en fin à ce mal de ce pays c’est-à-dire l’impunité, la mal gouvernance et la guerre économique. Il faut que l’on mène cette guerre et pour mener cette guerre économique, il faut qu’on arrête avec l’atout minier, il faut absolument que l’on redonne le goût de l’innovation à nos jeunes ,le goût d’entreprendre , il faut que l’Etat fasse des reformes profondes économiquement ,qu’on donne la priorité à ce qu’on appelle le patriotisme économique .On arrête de préférer les étrangers à nos propres enfants , à nos propres frères, c’est primordial .Il nous faut un homme qui nous donne du sens, qui nous fasse rêver et surtout qui est en accord avec les promesses qu’il va nous faire. Et ça c’est pour moi le plus important, je suis très optimiste pour l’avenir parce qu’il ya des gens comme moi qui dénoncent. Comme vous le dites, je suis présent, je suis un homme politique nouveau d’un nouveau genre qui est présent sur les réseaux sociaux, présent dans les médias parce que je tiens à rester au contact de nos concitoyens pour comprendre leur malaise et les difficultés qui sont les leurs .Voyez on est dans un quartier populaire , j’habite à Coleyah ,je ne suis pas allé dans un quartier bourgeois parce que j’avais besoin de comprendre ce que le peuple, donc mes concitoyens en tant que responsable politique, vivait. Ça me parait le plus important lorsqu’on prétend arriver aux commandes. Faut qu’on arrête d’être dans nos voitures climatisées et en regardant le peuple marcher , il faut aller à son contact et demander ce qui ne va pas et surtout observer la jeunesse et de dire à la jeunesse écoutez, nous sommes des hommes politiques, nous voulons vous redonner la maitrise de votre pays , la maitrise de votre économie et que nous vous demandons d’innover, de travailler . Il faut qu’on retrouve la valeur travail dans notre pays, c’est très important, la valeur de l’effort.

Lumiereguinee.com : Sur une tribune que plusieurs medias vous ont accordé, vous parliez de projets d’actions et de reformes pour la Guinée, pouvez-vous réactualiser encore une fois ce que vous appeliez’’ un programme au parfum de new deal’’ ?

Ahmed Kourouma : Alors j’ai coutume de dire qu’en Guinée on critique beaucoup mais on n’apporte pas de solutions .D’accord je suis là aussi pour apporter des solutions .Lorsque je vous parle de patriotisme économique, qu’est-ce que je veux dire ? L’Etat aujourd’hui doit construire une pépinière d’entrepreneurs, l’élite de demain, seule qui va économiquement révolutionner le pays. Pour ce faire il faut des investissements de la part de l’Etat : faire des investissements dans les hommes, des investissements dans la matière grise et surtout des investissements dans l’encouragement à la création d’entreprise et la création d’emplois. Il faut que l’on arrive à des exonérations d’impôts non pas pour des grandes sociétés minières qui sont déjà suffisamment riches mais pour le petit entrepreneur qui vient de créer sa société d’assurance, sa société de meubles, de menuiserie, etc.

Il faut qu’on crée une forme de facilitation fiscale pour les autos entrepreneurs. Donc tout ça participe aux choses que nous devons mettre en place pour inciter le concitoyen encore une fois à retravailler et avoir le goût du fruit de leurs efforts. Il n’est pas normal dans notre pays que des gens viennent s’enrichir sur le dos de l’Etat, sur le dos de nos concitoyens, repartent sans construire quelle que chose de beau. Nous sommes guinéens, personnes ne viendra construire ce pays à notre place .C’est à nous de gagner largement notre pays et de le rendre magnifiquement beau par les réinvestissements qu’on va y faire, par la facilitation que l’Etat va mettre au niveau de nos entrepreneurs, au niveau de nos cadres, au niveau de nos entreprises. Il faut reformer les banques, en gros, il faut normer le pays. Voilà, c’est ce que j’entends par reformes .Je veux donner la priorité à l’emploi, à la jeunesse et à l’économie de la Guinée.

Lumiereguinee.com :Avez-vous un message à passer à la nation que vous prétendez défendre ou voudriez-vous informer l’opinion?

Ahmed Kourouma : D’abord merci de vous être déplacé pour venir me voir ! La parole que je prends aujourd’hui, le crédit que les médias ou la jeunesse me porte est dû à l’engagement profond et à un amour de mon pays .Je suis un patriote j’aime la Guinée .C’est l’un des plus beau pays du monde et je voudrais des gens comme moi, il y’en a mille dans notre pays, parce que croyez moi on va changer ce pays de fond en comble .Il faut qu’on change de mentalité , il faut qu’on devienne de guerriers ,il faut qu’on reprenne possession de notre économie, de ce que nous sommes et de ce que nous aurons jamais dû cesser d’ être et je souhaite effectivement que pour 2020, les élections qui vont se passer, se passent dans la plus grande des transparences et je souhaite que nos compatriotes et généralement les jeunes prennent le temps de lire les programmes politiques de chaque parti et qu’il les lise à leurs parents qui ne savent pas lire .Il faut qu’on arrête dans ce pays de voter parce qu’on vous donne un sac de riz ou 10 000 francs guinéens .Il faut que l’on prépare l’avenir et la manière de le préparer, c’est de lire les programmes politiques et projets de société que les leaders politiques vont nous mettre sous le nez pour préparer l’avenir de nos enfants .Je refuse de voir cette génération sacrifiée après mainte et mainte sacrifices d’autres générations .Voilà quel est mon souhait pour 2020 ! Apprenons à lire, à écouter les programmes des hommes politiques et votons en fonction de l’intérêt général et non pas en fonction de nos petits intérêts particuliers.

 

Entretien réalisé par BOUBACAR BARRY

pour lumiereguinee.com

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